Un peu d’Histoire…1914….

Manifeste de la C.G.T. contre la guerre le 29 juillet 1914
Conformément aux dispositions que nous avions relatées, le Comité Confédéral s’est réuni très nombreux hier soir et a arrêté les termes de l’appel suivant qu’il adresse au prolétariat français.

À LA POPULATION !

AUX TRAVAILLEURS FRANÇAIS !
Dans la grave situation présente, la Confédération générale du Travail rappelle à tous qu’elle reste irréductiblement opposée à toute guerre.

Que le devoir des travailleurs organisés est de se montrer à la hauteur des circonstances en évitant, par une action collective, consciente, harmonisée à travers tout le pays et internationalement par-dessus les frontières, le plus grave péril mondial de se réaliser.

La CGT déclare que la guerre européenne peut, doit être évitée, si la protestation ouvrière, jointe à celle de tous les partisans de la paix, est assez formidable pour faire taire les clameurs guerrières.

Paris ouvrier, populaire, a déjà manifesté ses sentiments pacifistes. Que la province, que tous les centres ouvriers se joignent à lui. L’heure est tragique, et nul n’a le droit de rester indifférent.

L’action du prolétariat doit venir renforcer celle de tous les hommes qui, comprenant le péril couru par l’humanité tout entière, veulent mettre leurs forces et leurs consciences au service de la civilisation contre la barbarie.

L’Autriche porte une lourde responsabilité devant l’histoire ; mais la responsabilité des autres nations européennes ne serait pas moins lourde, si elles ne s’employaient pas activement, loyalement, pour que le conflit ne s’étende pas.

Dans cette action, les gouvernants de ce pays ont le peuple français avec eux, si, comme on le dit, ils travaillent sincèrement pour la paix.

C’est une force qui, mieux que tous les traités secrets, doit leur assurer le succès définitif.

La C.G.T. croit fermement que la volonté populaire peut empêcher le cataclysme effroyable que serait une guerre européenne.

Ainsi, rappelant la déclaration de l’Internationale :   Tous les peuples sont frères « , et les décisions de ces Congrès nationaux ;  » Toute guerre n’est qu’un attentat contre la classe ouvrière ; qu’elle est un moyen sanglant et terrible de diversion à ses revendications « , elle réclame de toutes les organisations ouvrières une attitude ferme, dictée par le souci de conserver les droits acquis par le travail dans la paix.

La guerre n’est, en aucune façon, une solution aux problèmes posés. Elle est et reste la plus effroyable des calamités humaines.

Faisons tout pour l’éviter ! Que partout, dans les villes industrielles comme dans les communes agricoles, sans aucun mot d’ordre, la protestation populaire s’élargisse, se fortifiant, s’intensifiant au fur et à mesure que les dangers deviendront plus pressants.
À bas la guerre !

Vive la paix !

Le Comité confédéral

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