McDo, Subway… à chaque fois, c’est la précarité et l’exploitation qui est au coeur du profit capitaliste !

« La CGT doit disparaître de MacDo » avait dit Fabrice Pariente, un ancien légionnaire aujourd’hui propriétaire des franchises de quatre restaurants MacDo de Lyon (Guillotière, Grange-Blanche, Sans-Souci) et Vénissieux. Pour ces quatre franchises, Pariente accumule chaque année 13 millions d’euros de chiffre d’affaire pour un bénéfice annuel de 1 million d’euros ! Au chiffre d’affaire « connu » échappe déjà une bonne partie grâce à un montage financier par lequel il se loue à lui-même les locaux via sa propre société immobilière située au Luxembourg, paradis fiscal !

Au-delà de la fraude fiscale organisée pour contourner l’impôt, c’est par l’exploitation des travailleurs qu’il peut empocher ces immenses profits : harcèlement et surveillance des salariés, les bas salaires et toutes les heures non payées quand les salariés sont forcés de « dépointer » avant de continuer le travail pendant des heures…

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Pour protéger son profit, Pariente a toujours tout mis en œuvre pour faire taire la CGT : licenciement de notre camarade Rachid et six tentatives de licencier notre délégué syndical Imani. A chaque fois sans suites par l’intervention de l’inspection du travail et la mobilisation de la CGT.

Encore une fois, c’est Pariente qui a dû reculer le 15 septembre dernier quand nous nous sommes rassemblés – Comité CGT PEP et Jeunes Communistes de Lyon – devant le MacDo de Sans-Souci, à proximité de l’université Lyon 3. Devant la mobilisation de 200 personnes devant les portes de son restaurant, Pariente a dû fermer les portes pendant une heure et demie. Autant d’argent perdu, et pire d’image dégradée par les prises de paroles successives. Désormais, pour gagner de meilleures conditions de travail et un salaire à 13€ de l’heure (comme celui gagné aux Etats Unis par les travailleurs de la compagnie), ON NE LACHERA PLUS ! NI LE PATRON, NI MACDO FRANCE !

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Quelques jours plus tard, des jeunes salariés du Subway de la rue Victor Hugo sont venus à l’Union Locale pour dénoncer des conditions de travail similaires à MacDo, dans leur restaurant qui dépend également d’une franchise : un lissage annuel des heures imposé (et illégal) qui les prive du paiement des heures supplémentaires (jusqu’à 50 heures dues), pas de temps de pause ni de local pour se changer…

La précarité imposée à ces jeunes salariés a permis que ce restaurant entre dans le top 10 des 500 Subway de France en évolution du chiffre d’affaire en passant de 60 sandwiches assemblés par jours il y a un an à plus de 150 sandwiches par jour aujourd’hui. La compétition de football de l’Euro 2016 a été encore plus éprouvante pour eux c’est pourquoi ils réclament une augmentation de 100€ net de salaire et une prime d’intéressement.

L’ensemble des salariés (sauf le manager héhé) de Subway Victor Hugo ont décidé de débrayer pour dire STOP ! à la précarité et obtenir satisfaction de leurs revendications ! Nous nous sommes rassemblés le lundi 10 octobre dernier devant le restaurant pour déposer le cahier de revendications et des distributions de tracts ont eu lieu devant d’autres restaurants de Subway France pour mettre la pression sur l’entreprise.

Le contrôle de l’inspectrice du travail a permis de relever un grand nombre d’infraction à la loi ainsi qu’un délit d’entrave au droit de grève lorsque pour briser cette dernière, le patron a décidé de faire appel à plusieurs proches de salariés d’autres restaurants qu’il possède.

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Comme partout, on voit bien que c’est la précarité et l’exploitation des travailleurs qui est au cœur de la logique de profit capitaliste ! Derrière les discours du patronat, il y a la réalité : un seul salarié à chaque fois pour faire tourner le restaurant (Subway) sans lui payer ses heures et sans pause, c’est autant de précarité organisée et d’emploi non créé ! Intimidations, sanctions, tentatives de licenciements sont autant d’entrave au droit de grève et aux libertés syndicales pour ne pas que les plus précaires s’organisent dans la lutte avec la CGT.

Aujourd’hui à MacDo et à Subway, demain dans toute la restauration rapide, les travailleurs les plus précaires prouvent qu’on peut dire STOP ! et lutter en s’organisant avec la CGT des Privés d’Emploi et des précaires !

SUBWAY Ampère: Heures non payées, sanctions, conditions de travail indignes

une-vingtaine-de-personnes-s-etaient-mobilisees-aux-cotes-des-employes-du-subway-ce-lundi-au-54-rue-victor-hugo-a-lyon-2-e-photo-alice-hubert-1476131628Une vingtaine de personnes s’étaient mobilisées aux côtés des employés du Subway, ce lundi, au 54, rue Victor-Hugo, à Lyon 2 e.

« Ça fait un an qu’on subit ça ! », s’exclame Karen, 22 ans, salariée depuis un an dans l’établissement. Sur les sept salariés que compte le Subway Victor-Hugo, six d’entre eux (le manager n’est pas inclus), en temps partiel, dénoncent les pratiques de leur employeur, Romain Prat.

Des heures modulables non désirées

« Les heures effectuées au-delà de notre temps de travail sont justifiées par la “variation saisonnière”. Mais nous ne somme ne sommes pas vendeurs de glaces. Des sandwichs, on en vend toute l’année », explique Corentin B., 19 ans, également employé. Or, la pratique des heures modulables est légale à condition qu’il y ait « un consensus au sein de l’établissement », précise la Convention collective de la restauration rapide.img_7053

Ils se sont donc réunis, ce lundi midi, à l’heure de pointe, pour que leurs « heures supplémentaires soient payées. Il en profite, nous sommes des petits jeunes, on signe sans réfléchir pour pouvoir travailler », explique Karen. « Moi je suis là parce qu’on me doit encore 40 à 50 heures de cet été. Je voulais augmenter mon contrat en heures, mais ça m’a été refusé… », s’offusque encore Corentin B.

Le groupe dénonce également la gestion des pauses. Trente minutes sont décomptées de leur temps de travail. « Il nous demande de rester présents pour servir les clients, commente Corentin. Lorsque l’un des salariés a voulu prendre sa pause la dernière fois, il img_7059s’est pris un avertissement pour “non-travail”. »

Une relation gérant-salariés très tendue

Une situation conflictuelle qui s’est confirmée, ce lundi. Postés devant le restaurant, les trois salariés présents étaient accompagnés de membres de la CGT, contactés pour leur donner un coup de main afin de faire valoir leurs droits. Romain Prat, le gérant, a refusé de s’entretenir avec eux et, pressé par le temps, n’a pas pu répondre à nos questions. Afin de faire partir les militants de sa franchise, l’homme a contacté la police. Arrivés sur place, les deux policiers ont simplement pris note de l’action menée par le groupe, avant de repartir. Karen, Corentin B. et Corentin N. ont tout de même réussi à lui laisser leur “cahier de revendications”. En attendant une rencontre.

Alice Hubert -Le Progrès-

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