Accidents de travail (organisés) dans l’intérim : le patronat brise des vies et tue

« Un éclat métallique s’est projeté et lui a perforé le gobe oculaire », « sa main a été happée par la  machine, plusieurs doigts ont étés arrachés », « en rangeant le bidon d’acide, des gouttes lui ont giclé dans l’œil »…

 Ces extraits de déclaration d’accident du travail ne forment qu’une partie de la réalité des conditions de travail des intérimaires. Pour exemple, en Rhône –Alpes et PACA, ces 4 derniers mois, plus de 1300 accidents du travail ont étés déclarés (lorsqu’ils sont déclarés !) et dans une seule boite d’intérim !

C’est un véritable scandale : l’an passé, on a dénombré 39 869 accidents et 64 intérimaires morts au travail ! On est en droit de se demander : mais que fait le patronat de l’intérim pour mettre fin à ce scandale ? La réponse : RIEN ! ET POUR CAUSE ! Car les boites d’intérim et les entreprises utilisatrices se mettent d’accord pour faire intervenir des intérimaires sur les postes les plus à risques, sans formation, et souvent sans respecter leur obligation légale de fournir le matériel minimum : chaussures de sécurité, casque, lunettes de protection…

Résultat : il y a deux fois plus d’accidents du travail chez les intérimaires que chez les autres salariés des entreprises où ils sont missionnés ! Ce n’est pas un hasard, car lorsqu’un intérimaire se blesse, l’accident est imputé à l’agence d’intérim mais n’entre pas dans les statistiques de l’entreprise où a eu lieu l’accident, qui s’évite donc de payer les pénalités liés au nombre d’accidents !

Pour elle, faire bosser des intérimaires, déjà précaires dans leurs conditions de vie, sur les postes les plus à risques, c’est rentable à tous les niveaux !

Il a fallu une campagne nationale de l’Union Syndicale de l’Intérim CGT pour forcer le patronat de l’intérim à ouvrir une négociation nationale sur la santé et la sécurité des intérimaires.

Interim

Ca ne doit plus être passé sous silence ! Avec toute la CGT, nous disons que boites d’intérim et entreprises utilisatrices ne doivent plus se renvoyer la responsabilité pour au final ne rien faire : ce sont elles qui sont COMPLICES ET RESPONSABLES de la mise en danger de la vie de tous les intérimaires !

Notre revendication principale c’est bien sûr de mettre fin à l’intérim et à toute la précarité qu’elle charrie et nous impose ! Si une entreprise a besoin d’un salarié, qu’elle le recrute elle-même ! Et, dans l’immédiat, continuons la lutte pour contraindre le  patronat de l’intérim à prendre réellement en charge la sécurité et la formation de chaque intérimaire ! A travail égal,  sécurité égale pour tous les travailleurs de l’entreprise !

 

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