Société d’études : ALTRAN condamné en appel…

Société d’études

Grâce à la CGT, Altran devra verser 10 millions d’euros à 300 salariés !

mercredi 24 janvier 2018

La CGT Altran a enfin reçu le verdict du résultat de l’audience de la Cour d’appel de Toulouse, pour 300 salariés de Altran sud-ouest qu’elle défendait. Dans un communiqué, elle indique qu’elle « peut largement crier victoire ». Pour rappel, la CGT Altran avait réussi à faire condamner Altran Sud-Ouest :
-  pour rappels d’heures supplémentaires, de congés payés, de prime de vacances ;
-  pour clause de loyauté requalifiée en clause de non concurrence illégale ;
-  pour travail dissimulé ;
-  pour démissions motivées requalifiées en licenciement abusif ;
-  pour exécution fautive du contrat de travail ;
-  à rectifier tous les bulletins de paye ;
-  à verser des dommages et intérêts à la CGT qui soutenait les dossiers ;
-  à payer les frais de procédure ;
-  pour harcèlement et pour licenciement nul dans au moins un des dossiers…

La chambre sociale de la cour d’appel de Toulouse a donc validé la quasi-totalité des demandes de la CGT. L’entreprise devra donc débourser près de 10 millions d’euros pour 300 salariés. « Cela pourrait amener Altran à se pourvoir en cassation pour des raisons purement dilatoires », avertit cependant la CGT Altran. Et d’ajouter que cette victoire ne concerne que les 300 premiers dossiers : la totalité des dossiers de la CGT Altran excède le millier… Cependant, quand bien même Altran Sud-Ouest esterait en Cour de cassation, un premier jugement devant cette même Cour avait été rendu le 4 novembre 2015, qui donnait raison aux salariés, sur le seul litige des heures supplémentaires.


Le juge a estimé que « l’employeur ne justifie pas du temps de travail effectivement réalisé compte tenu du système défectueux de suivi du temps de travail ».

La CGT Altran averti aussi qu’elle envisage de nouvelles actions pour contraindre la SA Altran technologies à payer toutes les heures supplémentaires effectuées par ses ingénieurs.

Michel tu seras toujours dans nos coeurs

HOMMAGE A MICHEL GORET LE 23 JANVIER 2018IMG_5220

C’est avec une peine immense que nous rendons hommage à notre camarade Michel. Sa disparation arrive après de graves soucis de santé.

Michel est né le 6 octobre 1952 à Reims où il grandit.  Il travaille d’abord dans le secteur bancaire, puis à la fin des années 70 il entre à la SNCF, au Service National de messagerie, le Sernam. Après le conflit de 86/87, il adhère à la CGT et tout naturellement prend part à ses actions et devient militant.

Il est élu délégué du personnel puis trésorier du syndicat CGT des cheminots de Guillotière, le plus  important de la région à l’époque. Il a la lourde responsabilité de succéder à Jean Marie Etienne, que nous avons eu la douleur de perdre en août 2016. Le sérieux de Michel, son honnêteté, la confiance qu’il inspire à ses camarades font qu’il reste une dizaine d’années à ce poste.

La situation au Sernam est très conflictuelle dans les années 90. La direction impose une partition de l’établissement Lyonnais. La CGT est en total désaccord avec cette restructuration qui supprime des emplois, dégrade les conditions de travail, met à mal les règles élémentaires du service public. Michel avec les militants du service, prend une part essentielle dans cette lutte. La direction accompagne ses basses œuvres d’une répression rampante dont Michel et les militants CGT font les frais. Retard à l’avancement, discrimination, mesures vexatoires etc. Qu’à cela ne tienne, Michel ne se laisse pas impressionner.

Il y a le combat contre la filialisation/privatisation dans lequel Michel prend une part active. Grâce à cette lutte de tous les jours, la SNCF qui voulait privatiser le service de messagerie dès 1970, mettra 30 ans pour y parvenir. Michel avec les militants CGT ont été un frein majeur à ce mauvais coup.

Avec un peu de recul on perçoit mieux la justesse du combat auquel Michel a contribué. En 2000, le service est filialisé, puis privatisé ; aujourd’hui il n’existe plus.

Un des grands moments où l’on a pu apprécier son dévouement, sa force de conviction, sa disponibilité, c’est lors du conflit de l’hiver 1995. Michel était de tous les combats, de toutes les actions. Piquet de grève quasi 24 h sur 24, manifs,  un petit tour chez le patron pour  le rappeler au bon souvenir des cheminots en lutte, assemblées générales, distribution de tracts, discussions dans les chantiers avec les non-grévistes pour les convaincre d’entrer dans le mouvement, retour chez le patron. Il est  interviewé au 13 h de TF1. Il  servira une tirade restée célèbre parmi nous « Il faudra que quelqu’un cède (direction  ou cheminots). Et on peut vous l’assurer, ça ne sera pas les cheminots…. ». C’était un habitué de ces formules ciselées qui surprenaient toujours ses interlocuteurs.

Et il avait bien raison notre Michel. Les projets néfastes contre la retraite, les conditions de travail, les projets de privatisation concoctés par Chirac et Juppé sont jetés aux orties. Et pour fêter la victoire, Michel et les militants du Sernam, accompagnés d’une bonne centaine d’agents de conduite du dépôt de Lyon-Mouche sont retournés voir ce cher directeur. On ne donnera pas de détails de cette entrevue « spontanée » sinon que le brave homme s’en souviendra toute sa vie. Michel avait toujours grand plaisir à rappeler cette anecdote et ce combat de 95, mené et gagné.

En 2001, suite à la privatisation, les cheminots du Sernam sont mutés dans d’autres services. En plus du goût amer de défaite syndicale, ces mutations s’accompagnent de changement de métier, de changement de collègues ; on était parfois   pas forcément bienvenues dans les nouveaux services. Michel est transféré au service du personnel de l’établissement Exploitation de Guillotière et œuvre comme agent secrétariat. L’ambiance n’est pas des plus accueillante et Michel vit très mal cette situation.

En 2005, Michel met fin à son activité professionnelle profitant d’une énième restructuration. Dès lors il rejoint la section des retraités CGT du syndicat de Guillotière et est élu membre du bureau. Il est également très actif dans le collectif des retraités de l’union locale 7ème 8ème et à l’USR. Pour Michel, retraite ne signifie pas fin du combat pour le progrès social, considérant que les retraités avaient tout intérêt à se rassembler et à agir pour défendre et faire progresser leurs droits. C’est ainsi qu’il était de toutes les manifs, de toutes les distributions de tracts sur les marchés des 7ème et 8ème arrondissements.IMG_5229

Et puis il a la grande joie d’être grand père, par deux fois, et ce n’était pas sa moindre fierté.

Le souvenir qui restera de Michel est celui d’un camarade droit, en respect total avec ses  engagements, dévoué, d’une grande humanité, mettant ses actes en conformité avec sa pensée et terriblement convaincu du combat à mener collectivement.

Le départ de Michel nous plonge dans une très grande tristesse et nous tenons à le remercier pour tout ce qu’il a fait, il restera à jamais gravé dans nos cœurs. Nous transmettons toutes nos condoléances à sa fille Claire et à toute sa famille.