Attaque contre les retraites…

Négociation régime de retraite complémentaire

mercredi 8 novembre 2017

La négociation s’est ouverte aujourd’hui dans un flou savamment orchestré par le patronat.
Elle doit fixer les dispositifs et le règlement concernant le nouveau régime unifié qui va se substituer aux régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco.
Ce régime est déficitaire, dès sa création, par le manque de volonté du Medef de ne pas ouvrir le débat sur une augmentation des cotisations qui aurait permis d’équilibrer le régime.arton1065-cb80e
De ce fait, le niveau des pensions deviendrait la seule variable d’ajustement.
Il s’agit de choix purement idéologiques qui programment à terme une baisse générale du montant des pensions.
À cela s’ajoute la décision du patronat de refuser le maintien de la valeur absolue du point et pas seulement par rapport à l’inflation.
Seule la CGT s’y est opposée.
Nul doute que ces orientations risquent de constituer un point d’appui et un modèle à l’approche de la future réforme du système de retraite désirée par le gouvernement en 2018.
Une ultime séance de négociation aura lieu le 17 novembre 2017.
La CGT portera des propositions de progrès social, comme l’ouverture du droit à la réversion dès 55 ans qu’elle a réussi à gagner aujourd’hui.
D’ores et déjà, la CGT appelle les salariés, les retraités, les privés d’emploi à participer à la mobilisation unitaire du 16 novembre pour faire exiger une protection sociale de haut niveau.

Montreuil, le 8 novembre 2017

ORDONNANCES MACRON…Contestation…

LA CGT DEMANDE AU CONSEIL D’ÉTAT DE SUSPENDRE LES ORDONNANCES

jeudi 9 novembre 2017

Durant le mois d’octobre, la CGT a déposé trois recours contre les Ordonnances Macron 1, 2 et 3, devant le Conseil d’État qui est la juridiction chargée du contrôle des ordonnances avant leur ratification. Il s’agit de contester les dispositions qui portent le plus gravement atteinte aux droits et libertés fondamentaux des travailleurs.Régression-social-sauce-Macron-cest-non-Urif-Cgt

Ces recours ont été déposés par le biais du référé suspension qui est une procédure d’urgence. Si le Conseil d’État venait à considérer qu’il n’y a pas urgence, il devrait néanmoins se prononcer sur la validité des ordonnances dans le cadre de recours sur le fond.

Le recours sur l’ordonnance relative au renforcement de la négociation collective fera l’objet d’une audience le 9 novembre 2017, au cours de laquelle la CGT fera valoir ses arguments devant le Conseil d’État.

• L’ordonnance relative au renforcement de la négociation collective (ordonnance 1) réorganise les rapports entre la loi, les accords de branche et les accords d’entreprise. Dans la continuité de la loi El Khomri : elle procède à la généralisation de l’inversion de la hiérarchie des normes, renvoie à la négociation collective de branche certaines normes auparavant régies par la loi et donne primauté à l’accord d’entreprise sur la quasi-totalité des thèmes du droit du travail (l’accord de branche ne prime plus que sur un nombre restreint de thèmes). L’ordonnance facilite le recours, par l’employeur, au référendum comme méthode de validation des accords collectifs. Sous ses apparences démocratiques, c’est en réalité un outil à la disposition de l’employeur, permettant de forcer la main aux salariés. Elle généralise aussi le recours aux accords de compétitivité, accords par lesquels un employeur peut demander aux salariés de renoncer à leurs droits (salaire, lieu et temps de travail) afin de permettre à l’entreprise de faire plus de bénéfices.

• L’ordonnance relative à la nouvelle organisation du dialogue social (ordonnance 3) procède à la fusion des institutions représentatives du personnel (comité d’entreprise, délégués du personnel et comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) en une instance unique intitulée « comité social et économique » (CSE). Ce CSE est une version appauvrie de nos actuels comités d’entreprise, délégués du personnel et CHSCT : le gouvernement prétend vouloir favoriser le dialogue social mais il offre moins de moyens aux élus et instaure un certain nombre de mesures qui contribuent à exclure les syndicats de l’entreprise.

• L’ordonnance relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail (ordonnance 2) comprend de nombreuses mesures relatives aux licenciements qui contribuent à fragiliser les droits des salariés, notamment, en restreignant le pouvoir du juge dans l’appréciation du motif économique mais, également, en imposant un barème des indemnités prud’homales particulièrement bas, ce qui conduit dans les faits à rendre dérisoire l’indemnisation des salariés licenciés de manière illicite.pour le 10-09-2013-7-

La CGT est déterminée à contester ces différentes mesures qui, d’une part, ne respectent pas le cadre fixé par le Parlement dans la loi d’habilitation et, d’autre part, portent atteinte aux droits et libertés tirés de normes supérieures que l’État français s’est engagé à respecter : la Constitution française, les conventions de l’Organisation internationale du travail, la Charte sociale européenne, la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme, entre autres.

Ces ordonnances sont à l’origine de graves régressions sociales et sont porteuses de flexibilisation et de précarité pour les salariés. Elles ne reviennent pas seulement sur des droits durement acquis mais elles creusent également des inégalités déjà trop importantes, ce que la CGT déplore. C’est pourquoi tous les moyens de s’y opposer doivent être mis en œuvre, qu’il s’agisse de se mobiliser dans la rue le 16 novembre prochain ou devant les tribunaux.

Montreuil, le 9 novembre 2017

La CGT propose une autre réforme universitaire

jeudi 2 novembre 2017

Le gouvernement a communiqué un « plan étudiant » dont l’objectif serait d’améliorer l’accueil et les conditions d’études des jeunes pour les formations post baccalauréat.

Le constat de départ est celui du manque de places pour accueillir chacun dans la formation de son choix à la rentrée 2017, le recours au tirage au sort pour attribuer les places dans certaines formations et un taux d’échec de plus de 50% en Licence.AfficheFerc_EmploiPublic

Partir de ce constat, à l’été 2017, c’est oublié que la montée des demandes pour ces formations (BTS, IUT, classes préparatoires, Licences) est continue depuis plus de 10 ans et a deux causes : la montée démographique et la volonté de conduire 80% d’une classe d’âge au baccalauréat. L’ambition d’élévation du niveau de qualification devrait obligatoirement entraîner une augmentation de l’investissement donc du budget dévolu à l’enseignement supérieur. Or, en 10 ans, le nombre d’étudiants et d’étudiantes a augmenté de 20% et le budget d’à peine 10%, budget qui n’a pas été utilisé pour réaménager les locaux, créer des postes d’enseignants, deux conditions pourtant indispensables aux évolutions pédagogiques et à la réussite étudiante !

Forte de ce constat Mme Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, a procédé en accéléré. Aucune des instances de consultation existantes n’a été sollicitée. La ministre annonce sa réforme sans aucune négociation sur le texte.
L’ambition de la ministre est de « gérer les flux de bacheliers » et c’est bien de cela qu’il s’agit. Au lieu d’ouvrir des places en BTS, en IUT, dans les filières les plus demandées de Licence, de rénover les locaux, de créer des postes en lycée et en université, la réforme limitera le choix des élèves en général, ceux des lycéens de lycée professionnel ou technologique en particulier. imagesEn effet, l’instauration de « prérequis » ou « d’attendus » déterminants pour l’affectation renforcera les inégalités entre les différents bacs. Les jeunes titulaires du Bac S et des lycées des villes les plus riches auront à coup sûr tous les « attendus » pour l’ensemble des formations proposées. Pour les bacheliers professionnels ou technologiques, orientés à 15 ou 16 ans vers ces voies, le choix se restreindra forcément.

Cette barrière ajoutée à l’obtention du baccalauréat sera renforcée par un avis et les notes du conseil de classe du 2ème trimestre de Terminale. Enfin, dans un souci de simplification, le nombre de vœux possible sera limité (passage de 24 à 10 vœux et sans hiérarchisation).

La contrepartie proposée serait la mise en place de meilleures conditions de travail sur l’orientation et de cours de mise à niveau obligatoires, pour certains, en 1ère année de formation. Difficile à croire sans action sur les effectifs par classe/cours, sur les postes et les moyens !pour le 10-09-2013-7-

La CGT est attachée à l’élévation du niveau de qualification de tous les jeunes qui doit leur garantir l’accès à un emploi stable et bien rémunéré. L’enseignement public, scolaire et supérieur, doit permettre l’égal accès de toutes et tous au meilleur niveau de formation. Sans moyens pour donner de bonnes conditions de travail au personnel des établissements et de bonnes conditions d’études aux jeunes, notre système éducatif reproduit les inégalités sociales. Il n’est plus en capacité de remplir ses missions et de porter l’espoir de promotion sociale faite aux jeunes et à leurs familles.

Montreuil, le 2 novembre 2017