LACTALIS….

Alimentation

Le scandale Lactalis, résultat d’une politique sociale dramatique

lundi 15 janvier 2018

Du fait d’une contamination d’un lait pour bébés de la marque Lactalis par la salmonelle, 37 bébés en France ont été atteints de la salmonellose, dont 18 ont été hospitalisés. Un nourrisson a également été contaminé en Espagne. Pour la CGT, les suppressions de personnel, aussi bien chez Lactalis qu’à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), sont la véritable cause de ce nouveau scandale sanitaire.

Que penser de ce nouveau scandale sanitaire qu’est l’infection par la salmonellose de bébés, suite à l’absorption d’un lait de la marque Lactalis ? Pour Julien Huck, secrétaire général de la Fédération nationale agroalimentaire et forestière (Fnaf CGT), les causes de ce nouveau scandale sont à chercher dans la politique sociale de l’entreprise Lactalis. Outre des conditions de travail déplorables, des licenciements à tout-va, et des externalisations sans fin, Lactalis pratique également le lean management : on impose aux salariés le lavage des machines, alors que cette tâche, délicate, aurait dû être confiée à des équipes spécialisées, spécialement formées à cet effet. Pas plus qu’il n’y a d’équipes spécialisées en la matière, il n’existe de contrôle, depuis l’arrivée du lait jusqu’à son conditionnement, établi sur la base d’un cahier des charges internes qui respecte les normes européennes. Rien de tout cela n’existe chez Lactalis, argumente la Fnaf-CGT. En lieu et place, la direction de Lactalis cherche des boucs émissaires et désigne les salariés de production et de laboratoire. « Du fait de leurs conditions de travail dégradées, les salariés ne disposent pas de moyens et de temps suffisants pour faire leur travail », ajoute la Fnaf-CGT.

Suppression d’emplois à la DGCCRF

Pour le syndicat national des agents de la concurrence, de la consommation, et de la répression des fraudes (SNACCRF-CGT), le scandale Lactalis « révèle les conséquences de l’addition d’une désorganisation de la DGCCRF et des politiques assumées des suppressions d’emploi ». Les effectifs de la DGCCRF, qui ont pour tâche le contrôle d’entreprises comme Lactalis, sont passés de 3600 en 2008, à 3000 en 2012. « Ainsi le CCRF implanté en Mayenne a vu ses effectifs fondre de moitié depuis une dizaine d’années, passant d’environ 15 à 7-8 agents, pour accomplir ses missions à l’échelle du département ».
Dans le cadre du plan de réduction d’effectifs dans la fonction publique Cap 2022, de nouvelles suppressions d’emplois sont prévues. Dans le même temps, ajoute le SNACCRF-CGT, la possibilité pour la DGCCRF de saisir la justice s’est considérablement réduite, au profit de suites administratives, voire d’une absence de suite. Ainsi, le gouvernement veut faire passer un projet de loi qui promeut le droit à l’erreur et le droit au contrôle sans sanction. L’adoption de ce texte ferait de la DGCCRF un organe de conseil aux entreprises. « Pour répondre aux enjeux primordiaux de santé, de sécurité et de loyauté, dont la responsabilité incombe à l’État, la CGT propose pour la DGCCRF une tout autre organisation du service associée à des recrutements d’inspecteurs et contrôleurs de la CCRF implantés dans les départements pour atteindre un effectif national de 4 000 agents et que s’exerce une véritable police économique. »

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Tunisie ….

International

L’UGTT, le syndicat historique tunisien, à la manœuvre pour la paix sociale

mercredi 17 janvier 2018

Le syndicat tunisien, Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), qui a reçu le prix Nobel de la Paix 2015 pour son rôle au moment du printemps arabe en Tunisie était à la CGT, soit sept ans après la chute de Ben Ali. Focus sur la situation économique et sociale en Tunisie et sur le rôle de ce syndicat très influent dans le pays.

La Loi de Finances 2018 a été l’étincelle qui a déclenché les récents mouvements de protestation en Tunisie la semaine dernière. Suite à ces mouvements, le Gouvernement a annoncé des mesures sociales pour ce pays « au bord de la faillite » selon les mots des représentants de l’Union Générale Tunisienne du Travail en visite au siège de la CGT dans le cadre d’une réunion du Réseau syndical migrations méditerranéennes-subsahariennes.

En effet, « le taux de croissance s’élevait en Tunisie à 5,2% en 2011, il est maintenant à moins de 2% et 4900 entreprises ont fermé ou se sont délocalisées, soit 250 000 emplois perdus » se désole Mohamed Bekay, conseiller de l’Espace international à l’UGTT. Selon lui, le principal problème est le taux de chômage de 15,6%, un chômage qui touche surtout 32% des diplômés de l’enseignement supérieur. A cela il faut ajouter la corruption et l’instabilité politique.

Pour Naima Hammami, secrétaire générale adjointe, en charge des relations internationales à l’UGTT, la révolution a apporté la liberté d’expression mais pas uniquement…


L’UGTT, fondée en 1946, est la plus ancienne des organisations syndicales de toute l’Afrique. Avec 700 000 adhérents environ, 12 départements, il faut rappeler que l’UGTT a reçu, avec 3 autres organisations, le prix Nobel de la paix 2015 pour avoir lancé en 2013 « un processus politique alternatif, pacifique, à un moment où le pays était au bord de la guerre civile, et qui a par la suite garanti les droits fondamentaux pour l’ensemble de la population », selon le comité du prix Nobel de la paix. L’UGTT entretient avec la CGT une relation de longue date.
 

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