Assurance chômage…

Le Conseil d’État oblige le gouvernement à réécrire son projet de loi

mercredi 2 mai 2018

Le Conseil d’État a censuré plusieurs articles majeurs du volet assurance chômage du projet de loi soi-disant consacré à la « liberté de choisir son avenir professionnel ».
Il rappelle que la cotisation est la base du financement de la protection sociale et demande au gouvernement de s’interroger sur son remplacement par l’impôt.
De la même façon, il censure le fait de placer les droits pour les travailleurs indépendants dans une annexe du régime d’assurance chômage, sans prévoir d’équivalent de la cotisation patronale.
Au contraire de la volonté du patronat et du gouvernement, la CGT a revendiqué la nécessité d’une cotisation acquittée par les donneurs d’ordre tels que les plateformes pour les chauffeurs VTC ou livreurs à vélo.

Par ailleurs, le Conseil d’État a bien analysé la nouvelle définition volontairement floue de « l’offre raisonnable d’emploi » : le gouvernement prétendait qu’elle serait le fruit d’une négociation entre Pôle emploi et le demandeur. En fait de choisir librement son avenir, il s’agirait plutôt de devoir accepter les seuls emplois disponibles dans son « bassin d’emploi », y compris en CDD alors qu’on cherche un emploi stable. Au nom de l’égalité entre les personnes, cette disposition est jugée illégale.

Au passage, le Conseil d’État s’interroge sur le nombre de démissionnaires concernés par la possibilité d’ouverture de droits.

Bref, le Conseil d’État critique le changement de système de protection sociale, le flou du gouvernement sur le financement des mesures et remet en cause une partie du système qui obligerait les demandeurs d’emploi à accepter des emplois dégradés.

La CGT constate que le droit est rappelé sur ces points et continue de dénoncer un projet de loi qui vise à renforcer le chantage à l’emploi et la course à la précarité. Elle appelle les parlementaires à ne pas se faire les complices de cette chasse aux chômeurs et de la destruction de la protection sociale.

Montreuil, le 2 mai 2018

Mayotte

La CGT apporte son soutien aux Mahoraises et aux Mahorais

mercredi 14 mars 2018

La situation à Mayotte est d’une gravité extrême et interpelle d’abord l’État français.

Mayotte est loin de bénéficier des mêmes droits que le reste du territoire, ravagée par la pauvreté et désertée par les services publics. Mayotte est de loin le département le plus pauvre et le plus inégalitaire de France avec 85% de la population qui vit sous le seuil de la pauvreté et un taux de chômage de 40%.
La départementalisation, pour se réaliser, implique une vraie solidarité nationale bien supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui.

Les besoins criants en matière d’Éducation Nationale, de Santé, de salubrité et de sécurité publiques, de services publics en général, se conjuguant avec la vie chère et le phénomène migratoire, en font une véritable poudrière.

La problématique de l’immigration, à partir du respect de la liberté de circulation des hommes, doit prendre en compte notamment la cohésion sociale, le respect des droits de l’homme et des immigrés ainsi que le développement de tout l’archipel des Comores.

Le drame des milliers d’enfants abandonnés doit trouver des réponses qui convoquent la responsabilité de l’État.

Une politique de coopération avec les Comores pour le développement est indispensable et doit se faire en bonne intelligence.

À ce jour, les dernières assemblées générales ont décidé de maintenir les barrages ainsi que la grève, considérant que les engagements du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux.

La CGT réitère tout son soutien et sa solidarité aux travailleuses et travailleurs Mahorais, dans la juste lutte qu’ils mènent.

Grève des travailleurs sans-papiers franciliens

Force, courage et détermination !

lundi 5 mars 2018

Ce lundi commence la quatrième semaine de grève des travailleurs sans-papiers d’Ile-de-France dans 7 entreprises sur 5 départements. Leur mouvement ne faiblit pas, bien au contraire partis dans l’action à une centaine, ils sont aujourd’hui 160.index

Leur grève commence à payer. Avec la CGT à leur côté, ils ont pu porter assez rapidement auprès du ministère de l’intérieur l’exigence d’être régularisés dans un cadre commun à tous.

Après la dernière rencontre avec la Préfecture de police de Paris, chargée par le ministère de piloter l’opération de régularisation, des signes encourageants semblent aller dans le sens des revendications posées. Pour autant certains patrons bien décidés à aller jusqu’au bout de leur logique refusent de donner les documents nécessaires à la régularisation des grévistes et/ou entravent par tous moyens l’action en cours.

Ce sont des entreprises d’intérim comme Derichebourg qui menace de licenciement un travailleur gréviste délégué de son piquet de grève, ou encore Targett et Job Center, mais aussi des donneurs d’ordre ayant « pignon sur rue ». Comme Chronospost, filiale de la Poste ou de GLS entreprise de transport de colis pour qui, avoir des travailleurs sans droit, sous-payés et travaillant dans des conditions indignes est très utile pour alimenter les bénéfices des actionnaires.index1

Les directions locales cherchent par tous moyens à isoler ces travailleurs en lutte, en bloquant leurs allées et venues et en empêchant les contacts avec les autres militant.e.s CGT.

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