Communiqué : Le 12 Septembre tous en grève pour le progrès social !

Dans son édition du Lundi 5 Juin, le Journal Du Dimanche dévoilait l’avant-projet de loi permettant au gouvernement de légiférer sa nouvelle Loi Travail par ordonnances. Au-delà du fondement anti-démocratique sur lequel repose cette manière de légiférer, nous souhaitons communiquer sur la vision politique qui structure ce projet. En effet, comme les rédacteurs le précisent l’avant-projet est un « exposé des motifs assez long, politique plus que technique »…  

La réalité sur laquelle est pensé cet avant-projet, que nous partageons, est le chômage de masse que connaît notre pays depuis plus de trente ans. Les rédacteurs n’émettent aucunes suggestions concernant les raisons du chômage de masse, nous y reviendrons. En revanche, tout de suite après, ils opposent les travailleurs entre ceux « qui bénéficient d’un contrat stable » et les autres « qui enchaînent les contrats courts et les périodes de chômage ». Cette manière de diviser en deux camps les travailleurs sans en préciser les proportions (85% des travailleurs sont en CDI) est une façon de nous imposer une vision de la société : celle où la stabilité dans le travail ne serait déjà plus la norme mais un privilège !

Par la suite, les rédacteurs n’ont pas assez de théories pour justifier la casse de notre droit à un emploi stable : numérisation de la société, besoin de fluidité dans le marché du travail, tout y passent ! En réalité, ce que Macron et son gouvernement veulent nous cacher c’est que le chômage et la précarité sont des choix consciemment pris dans l’intérêt du patronat et que le second n’est en aucune façon le remède du premier. L’argument de la fléxisécurité, on nous le ressort depuis plus de trente ans, depuis que le chômage de masse existe !

CGT Graphique

Des ordonnances anti-travailleurs !

Pour nous imposer une nouvelle cure d’austérité, Macron veut casser tous les espaces possibles de lutte collective. Pour justifier, notre isolement dans la lutte macron utilise, une fois encore, une rhétorique vieille comme le monde : celle de la lourdeur du code du travail et des normes collectives :

« La loi, si pointilleuse et si tatillonne soit-elle, ne permet pas de régler correctement l’infinie variété des difficultés qui se présentent dans la vie quotidienne des entreprise […] La loi doit fixer les règles minimales pour tous ». 

Nous tenons à rappeler aux rédacteurs ce texte que le code du travail est déjà défini comme étant la loi qui définit « les règles minimales pour tous ». Pourquoi alors cette première partie de citation ? Le réel objectif de ces ordonnances est affiché quelques lignes après et l’argument de la lourdeur de la loi, entendre protections minimales communes aux salariés, sert à briser toutes les normes collectives qui régissent nos contrats de travail :

« La loi définira les principes incontournables qui continuera de s’imposer aux entreprises. Au-delà la primauté sera donnée aux accords d’entreprise »

Le réel objectif de Macron et son gouvernement est d’isoler tous les travailleurs dans leur entreprise en inversant la hiérarchie des normes. Les salaires, la classification, le temps de travail… tout sera renvoyé à la négociation par accord d’entreprise, là où le rapport de force est le plus avantageux au patronat.  Et grâce aux référendums d’entreprises, dont les modalités d’initiatives patronales seront étendues par ce projet, le patron peut initier un référendum sans l’accord du syndicat majoritaire et en faisant pression aux travailleurs par le chantage à l’emploi !

Un avant-projet uniquement rédigé pour accroître l’exploitation des travailleurs, augmenter les profits du patronat !

Et le gouvernement ne compte pas s’arrêter là puisque sous prétexte de « donner de la lisibilité et de la fluidité aux acteurs », il veut instaurer un plafond et un plancher pour les indemnités prud’homales. Favoriser les recours aux licenciements voilà ce que les rédacteurs entendent par donner plus de lisibilité et de fluidité aux patrons pour qu’ils embauchent ! Cela revient à dépénaliser les homicides pour faire baisser le nombre de meurtres : c’est de l’hypocrisie, un mensonge qui nous pousse à accepter la loi du patron sur nos vies pour pouvoir travailler !

Des ordonnances anti-syndicats !

C’est le second point du projet macron. En effet, il veut retirer les syndicats de la gestion paritaire de l’assurance chômage en la finançant par la CSG. Là encore, rien de nouveau ! C’est déjà le cas pour l’assurance maladie et on a vu le résultat ! Depuis l’instauration de la CSG en 1983 par Michel Rocard, déjà un homme présenté comme étant de gauche, l’assurance maladie a subi plusieurs attaques des gouvernements de droit comme de gauche. En 1983 avec la mise en place du forfait hospitalier et la fin du droit à la gratuité de l’hospitalisation, en 2008 avec la mise en place d’une franchise médicale de 50 centimes par médicaments achetés, le déremboursement massif des médicaments et actes médicaux qui font que les assurances privées se font du profit sur notre santé !

Retirer les syndicats de la gestion des assurances collectives (maladie, retraite, chômage), c’est permettre à l’Etat de livrer les droits des travailleurs au privé pour en faire des profits !

Sur l’ensemble de ces points, la CGT a déjà pris ses responsabilités en appelant à une date de mobilisation de tous les travailleurs le 12 Septembre prochain. Si Macron a choisi le camp du patronat, il n’emportera pas avec lui la CGT.

Face à cette attaque tant sur nos droits actuels que sur le futur vers lequel le MEDEF et le gouvernement veulent nous conduire, la CGT et tous ses syndicats doivent s’unir et entrer dans la lutte.

C’est pourquoi notre Union Locale organisera un atelier décryptage des ordonnances le Mercredi 6 Septembre pour construire un cahier revendicatif commun à tous les syndicats des 7ème et 8ème arrondissements de Lyon.

Tous ensembles dans la lutte pour un syndicalisme de conquête et de progrès social !

Nouvelle convention d’assurance chômage : Macron et le patronat attaquent nos droits, organisons la riposte !

A l’origine, le but de l’assurance chômage était d’assurer à tous les privés d’emploi un revenu de remplacement proche du salaire perdu (programme du Conseil National de la Résistance). Depuis, c’est contre l’avis de la CGT que le patronat est rentré dans la gestion de l’UNEDIC. Tous les 3 ans, c’est donc au patronat et aux syndicats qu’il revient de renégocier les règles d’indemnisation du chômage (pour l’ouverture des droits par exemple). 

 Malgré les multiples exonérations fiscales qu’ils reçoivent de l’État (225 milliards d’euro depuis 2012!) sans contre-partie en terme d’emploi, le MEDEF lutte toujours pour une indemnisation plus faible et des règles plus dures dans le but d’exclure des centaines de milliers de privés d’emploi de l’indemnisation.

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Il en a été de même cette année. « L’accord » finalement signé (par tous, sauf la CGT) aboutit à une « économie » de 900 millions d’euros pris sur le dos des chômeurs, principalement les plus précaires !

  • Sur le dos des chômeurs de plus de 50 ans dont la durée d’indemnisation passe de 36 mois actuellement à un système à plusieurs paliers qui fait reculer les droits  :  24 mois de 50 à 52 ans, 30 mois de 53 à 54 ans, et plus de 55 ans pour retrouver la durée actuelle de  36 mois.
  • Sur le dos des travailleurs précaires qui enchainent les contrats courts, mais sur 6 ou les 7 jours de la semaine. Désormais, leur indemnité ne sera calculée que sur 5 jours (les jours soit disant «ouvrés »), même s’ils en ont travaillé 6 ou 7 ! La durée d’indemnisation (en jours) restera la même, mais tout une partie de l’allocation journalière sera volée !

 Le patronat s’est refusé à toute sur-taxation des contrats de courte durée. Il a même obtenu la suppression de la faible sur-taxation prévue par la loi depuis 2013, ce qui fait qu’il paiera moins de cotisations en embauchant un CDD de 2 semaines plutôt qu’un CDD de 10 mois !

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Avec cette nouvelle convention, il nous faudra désormais 88 jours ou 610 H effectivement travaillés pour ouvrir des droits .

Face aux syndicats qui prétendent défendre les droits des travailleurs (CFTC, CFDT, FO, CGC) mais organisent avec les patrons la casse de nos droits, nous il faut relever la tête, rejoindre la lutte dans nos Comités CGT des privés d’emploi et précaires !

 Demain, Emmanuel Macron veut imposer par la force la suppression de l’UNEDIC, et de toute assurance chômage. C’est le grand rêve du patronat et de toute la bourgeoisie d’en finir avec la Sécu, avec notre système de protection sociale, financé par la solidarité de tous les travailleurs, pour le remplacer par des minimas sociaux pour tous, plus des assurances privées, uniquement pour ceux qui en auront les moyens !

 C’est non seulement la solidarité entre tous les travailleurs qui est visée, mais surtout cette part de notre salaire, indirecte cette fois, qui est socialisée, mise en commun, pour financer la Sécu, les allocations familiales, l’assurance chômage… tous ces risques auxquels nous confrontent le Capital, comme l’avait voulu la CGT et Ambroise Croizat à la Libération ! 

 Nous ne répondrons à cette attaque globale qu’en restant unis avec l’ensemble des travailleurs, et en reprenant dès la rentrée le chemin de la lutte pour défendre l’assurance chômage et toute la Protection sociale solidaire, pour le droit de chaque travailleur à une indemnisation à 80 % du SMIC CGT, dès lors qu’on lui impose une privation d’emploi !

 Nous le répéterons toujours, notre première revendication est l’emploi :

8 millions de chômeurs, 8 millions de victimes du profit capitaliste !

Lorsque les travailleurs ont été unis, solidaires dans la lutte, derrière le drapeau de la CGT, de grandes avancées ont été arrachées !

 

CONQUERIR UNE SECURITE SOCIALE UNIVERSELLE ET DEMOCRATIQUE !

Quand l’UNEDIC a été fondée en 1958, son but était d’assurer a tous les privés d’emploi un revenu de remplacement proche du salaire perdu . Le principe est au départ le même que celui de la Sécurité Sociale, celui de la solidarité entre les travailleurs. Une partie de tous les salaires (les cotisations sociales) est mutualisée pour remplir les caisses et subvenir aux besoins des travailleurs et de leur famille. Dit autrement, une partie des richesses produites par tous les salariés est mise en commun afin de parer aux imprévus comme par exemple les accidents et maladies professionnelles. La solidarité entre les bien portants et les malades, entre les actifs et les retraités, entre les travailleurs en emploi et au chômage est le cœur de notre modèle de protection sociale !

Les patrons n’en ont jamais voulu et ont toujours combattu notre modèle de protection sociale, le jugeant trop onéreux, archaïque. Pourtant, peut-on mettre un prix sur la bonne santé d’un individu ? Pour les patrons, la santé est une marchandise comme une autre mais pas pour nous ! La propagande patronale fait apparaître les cotisations sociales comme des « charges » qui gêneraient le développement économique (en fait leur profit) alors qu’il s’agit d’une autre forme de salaire – indirect – à partir des richesses crées par les travailleurs dans l’entreprise.

En nous divisant, ils ont organisé la casse de notre modèle de protection sociale. Nous le savons bien, les privés d’emploi sont assimilés à des feignants et des assistés par les médias et les politiciens alors que nous sommes avant tout des victimes du système capitaliste ! Combien d’entreprises licencient alors qu’elles enregistrent des profits gigantesques ? Le chômage et la destruction de nos acquis sociaux ne sont pas le fruit du hasard mais sont consciemment organisés par le patronat !

Nos revendications :

  • Une Sécurité Sociale qui recouvre l’ensemble des risques auxquels les patrons nous confrontent : maladie, chômage, précarité tant dans notre vie active qu’en tant que retraités, pour nous-mêmes et nos familles !
  • Un revenu de remplacement a 80% du SMIC pour les travailleurs privés d’emploi !

 Main dans la main avec les travailleurs et les retraités nous devons lutter pour cette sécurité sociale universelle et démocratique, c’est-à-dire sous contrôle des travailleurs !

Grâce à la convergence de tous les travailleurs nous imposerons au patronat un modèle de protection sociale qui renoue avec les valeurs du mouvement ouvrier : la solidarité !

Aujourd’hui 22 mai 2017: les salariés de TATI en grève…

Plus de 100 manifestants devant le magasin TATI  à 10H , rue Grenette à LYON pour la sauvegarde de l’emploi.

A la même heure à Paris les salariés de TATI manifestaient devant le Ministère du Travail.

Ils exigent des repreneurs éventuels le maintient de tous les emplois…

Affaire à suivre dans les jours qui viennent